07.03.2016 / Articles / / ,

Leader d’un parti ou magistrat?

En date du 19 février 2016, un membre de l'exécutif cantonal a utilisé le papier à en-tête du Canton du Valais en sa qualité de « ministre responsable de la sécurité du Canton du Valais », de « citoyen », de « vice-président du plus grand parti du Suisse » et de « ministre élu du peuple suisse » pour adresser divers reproches au président français.

Si un vice-président de parti est évidemment libre de penser ce qu’il veut et de l’exprimer, il n’en va pas de même pour un Conseiller d’Etat, qui se doit de respecter les devoirs de sa charge. Cela comprend, notamment, le respect de notre Constitution – qui réserve les affaires étrangères à la Confédération – ainsi que l’application d’un des principes fondamentaux du système politique suisse, à savoir celui de la collégialité qui impose une solidarité sans faille aux membres d’un exécutif.

Par simple application de ce principe, il est inimaginable que le président d’un parti national en exercice siège au Conseil fédéral, la défense des intérêts particuliers d’un parti politique et celle des décisions d’un exécutif collégial présentant un potentiel de conflit beaucoup trop élevé.

Pour le groupe PDC du Bas-Valais, le déroulement de cette législature – ce dernier incident en particulier – prouve à notre niveau cantonal que le cumul d’une fonction de vice-président d’un parti national n’est pas compatible avec la hauteur de vue attendue d’un Conseiller d’Etat qui se doit entièrement à sa charge. Ceci dit, il n’est pas question de demander à qui que ce soit de ne plus être impliqué à l’interne de son parti. Le bon sens impose cependant qu’un magistrat ne soit pas, en même temps, le porte-parole officiel de son parti, quel qu’en soit le nom.

Le groupe PDCB propose ainsi d’interdire à l’avenir à tout membre du Conseil d’Etat de siéger au sein des organes dirigeants d’un parti national ou d’une section cantonale, particulièrement en qualité de président, de vice-président ou quelque autre titre qui lui permet de s’exprimer publiquement au nom de son parti.

Sion, le 7 mars 2016

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