07.03.2018 / Grand Conseil / /

Les robots ont fait leur apparition dans les débats au Grand Conseil ce mardi matin

Il s’agit d’un thème encore peu politisé, mais dont l’importance pourtant croît de jour en jour. En effet, les robots font à présent partie intégrante de notre quotidien et nous apprenons progressivement à vivre avec.

Si jusqu’à aujourd’hui ils ont plutôt contribué à nous simplifier la vie, cela ne sera pas forcément le cas systématiquement et indéfiniment, car l’évolution de la robotique apportera assurément son lot de désagréments. Des dysfonctionnements ou des erreurs de programmation des robots qui pourront péjorer la sécurité et l’ordre publics sont notamment à considérer et à surveiller ; mais que se passera-t-il lorsque des robots capables de décision réaliseront des actes involontaires ou pire, volontaires, sans que la faute ne puisse être directement imputée au constructeur, au détenteur ou au programmateur de la machine ? Ces interrogations ont également été soulevées au Conseil national, mais l’exécutif fédéral a décrété en 2017 que la question n’était pas urgente.

Même son de cloche au Parlement valaisan ce mardi matin face à la motion (pourtant transformée en postulat) que ma collègue députée Myriam Roduit (PDCC) et moi-même avons déposée, avec le soutien du groupe PDCC. Cette intervention a été réalisée dans le but de s’assurer que la législation valaisanne soit adaptée à d’éventuels dommages qui seraient causés par des robots, dotés d’intelligence artificielle et capables de décision. C’est malheureusement à 63 voix contre 62 que notre postulat a finalement été rejeté par l’ensemble du PLR, des députés haut-valaisans et une partie de l’UDC. Ces derniers ont considéré que le débat était prématuré et qu’une législation uniquement en Valais engendrerait une concurrence déloyale entre les cantons…

Pourtant, en matière de robotique, le Valais ne fait pas exception : robots humanoïdes utilisés dans les EMS, transports publics sans chauffeurs, projets de robots-livreurs, animation socio-culturelle dispensée par des machines ou encore robots collaboratifs qui prennent la place du personnel soignant dans les hôpitaux ; les exemples sont nombreux et interrogent. Voulons-nous réellement que les robots prennent la place des humains dans les institutions du secteur public ? Pouvons-nous assurer que la qualité des prestations restera la même si celle-ci est réalisée par un robot humanoïde ? C’est dans le but de questionner la vision de l’État sur le développement de la robotisation dans les institutions du secteur public qu’une deuxième intervention a été déposée – sous la forme d’une interpellation cette fois. Le Conseil d’État a salué cette intervention et s’est dit conscient des enjeux, assurant qu’il ferait toujours passer l’humain et la qualité du relationnel avant quelque économie de temps ou d’argent qui pourrait être gagnée par la robotisation.

Une chose est sûre : le robot doit être au service de l’homme et non pas l’inverse. Mais parviendrons-nous à maintenir cet équilibre ? L’avenir nous le dira.

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