09.05.2019 / Grand Conseil / /

Les métiers de la petite enfance ne comptent pas pour beurre !

Les mentalités changent, les habitudes également. Les crèches sont souvent prises d’assaut et de nombreux enfants passent quelques jours par semaine dans des structures d’accueil qui ne sont d’ailleurs de loin plus considérées comme des endroits où l’enfant est « gardé » de temps en temps. C’est un fait, ces structures jouent aujourd’hui un grand rôle dans l’éducation, la sociabilisation et le développement de nos bambins. Elles comblent même parfois les manquements des parents et offrent un cadre stable et bénéfique, réalité dure à dire mais ô combien réelle. Signe de ce changement de paradigme, la formation demandée aux métiers de la petite enfance est désormais poussée et bien structurée. Notre canton est d’ailleurs reconnu pour la qualité offerte en la matière.

Pour faire face à la pénurie de places, le Valais a modifié dans les années 2000 la Loi en faveur de la jeunesse. Dès lors, les communes ont l’obligation d’offrir des places d’accueil pour les enfants entre 0 et 12 ans, ce qui a permis de passer de 92 à 279 structures d’accueil et d’une dizaine de parents d’accueil à la journée à 600. Soit un total d’environ 11’000 places en 2017.

Cet effort est remarquable mais il ne doit pas s’arrêter là. En comparant les salaires de plusieurs domaines à formation égale, le constat est sévère. Les éducateurs de l’enfance touchent entre 988.- et 500.- de moins par mois qu’un maître socio-professionnel. Un assistant socio-éducatif travaillant dans le domaine de la petite enfance gagne 700.- de moins par mois qu’un même assistant travaillant dans une structure d’hébergement de type EMS.

Comment justifier une telle différence entre des métiers socio-éducatifs et socio-professionnels demandant un même niveau d’investissement en termes de formation ?

Marianne Maret a donc demandé au Conseil d’Etat de revoir les conditions cadres liées aux salaires du domaine de la petite enfance afin d’arriver à une certaine harmonisation. Le département a affirmé dans sa réponse au postulat que la question devait faire l’objet d’un nouvel examen en collaboration avec les principaux acteurs. Il est important que le canton mette rapidement en place ce groupe de travail et qu’il revoit les conditions cadres relatives au subventionnement des salaires du domaine. Cette harmonisation permettra d’éviter de former des jeunes en Valais pour qu’ils aillent travailler hors canton tant les différences salariales sont importantes.

Les travailleurs de la petite enfance méritent une reconnaissance de leur travail. Et cette reconnaissance passe par une revalorisation de leur salaire.

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