13.05.2014 / Articles / Energie /

Energie : il est grand temps d’agir !

Le contexte difficile du marché de l’énergie amène la Confédération à préparer des scénarios qui prétériteront les intérêts des cantons producteurs. L’inertie du Conseil d’Etat sur ce sujet met en danger l’avenir des collectivités valaisannes.

En mai 2011 lors de la publication par le PDCVr d’un rapport traitant du retour des concessions hydrauliques en Valais, un appel a été lancé aux autorités cantonales afin qu’elles s’attellent sans délai à l’étude de cette problématique. Il y avait urgence à mettre en place les mécanismes indispensables permettant de maîtriser en Valais les effets des retours des concessions hydrauliques.

Depuis cette époque, le marché de l’énergie électrique s’est gravement détérioré. L’Office Fédéral de l’Energie (OFEN) a réagi en début d’année en imaginant des mesures particulières pour redresser le marché de l’électricité et pour permettre aux sociétés hydroélectriques de maintenir la rentabilité de leurs investissements.

L’OFEN propose notamment deux mesures qui, si elles sont appliquées, priveraient les Valaisans des avantages que pourraient leur procurer le retour des concessions hydrauliques. En effet, cet office propose dans un premier temps, de réduire les redevances hydrauliques et ensuite de supprimer les indemnités à percevoir sur les valeurs résiduelles des installations hydroélectriques au moment du retour des concessions. L’OFEN, ne disposant à l’heure actuelle pas des bases légales requises, laisse aux cantons et aux communes le soin de faire les efforts financiers nécessaires pour corriger les distorsions du marché de l’électricité.

Dans les prochains mois, sans réaction du canton, les autorités fédérales élaboreront de nouvelles bases légales. La mise en vigueur des propositions imaginées par l’OFEN représentera une atteinte grave aux intérêts des cantons de montagne et du Valais en particulier. L’énergie produite dans les cantons alpins a été exportée pendant plus d’un demi-siècle, et valorisée sur l’ensemble du territoire. La valeur ajoutée a été encaissée par des sociétés ayant pour la plupart leur siège hors de ces mêmes cantons, privant ainsi les cantons producteurs des retombées fiscales liées à la taxation des plus-values.

Il n’est donc pas acceptable qu’aujourd’hui on cherche à diminuer les redevances hydrauliques ou à supprimer les indemnités liées au retour des concessions. Les régions périphériques, productrices d’énergie, n’ont pas à faire les frais des aléas du marché de l’énergie.

Ce qui ressort à ce jour des visions des services fédéraux nous oblige à intervenir, à nouveau et avec insistance auprès de nos autorités cantonales afin qu’elles prennent enfin les décisions idoines permettant de protéger et maîtriser en Valais notre potentiel hydraulique tout en faisant des propositions de collaboration avec nos compatriotes suisses.

Le Conseil d’Etat, et plus particulièrement le DEET, n’ont pas pris aux sérieux ces menaces et n’ont pas proposé les bases légales adaptées afin de préparer le retour des concessions hydrauliques. On ne peut que constater maintenant les effets extrêmement néfastes d’une telle inertie !

Il est grand temps que de mettre les bouchées doubles avant qu’il ne soit trop tard !

 

Personnes de contact

Serge Métrailler, président du PDCVr, 079 294 53 83

Jean Rossier, président de la Commission énergie du PDCVr, 079 306 58 69