04.12.2015 / Communiqués / Energie /

Le PDC Vr soutient les opposants au projet de ligne à très haute tension entre Chamoson et Chippis

Depuis le début de l’année, le débat fait rage autour du projet de ligne à très haute tension entre Chamoson et Chippis. Considérant la tournure politique du dossier et surtout les enjeux pour les habitants de la région, le PDC du Valais romand a décidé de sortir du bois et de soutenir publiquement les opposants au projet actuel de Swissgrid.

En effet, si nous sommes conscients de l’importance nationale de ce projet et des enjeux économiques et énergétiques qui y sont liés, nous sommes encore plus sensibles aux défauts de ce projet et à la négligence portée aux conséquences sanitaires de cette ligne aérienne. Nous relevons en particulier l’aberration de la procédure qui a suivi l’arrêt du Tribunal administratif fédéral du 15 août 2012 demandant à Alpiq de soumettre un nouveau projet permettant notamment une réduction du bruit. En exécution de cette décision, Swissgrid SA a transmis à l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), le 29 novembre 2013, un projet avec deux variantes, qui n’ont pas fait l’objet d’une mise à l’enquête publique. En janvier 2015, l’OFEN, qui a donc traité ces propositions à l’interne, a autorisé un nouveau projet de ligne à très haute tension, sans qu’aucune commune concernée n’ait eu son mot à dire.

Nous considérons cette démarche d’autant plus aberrante que la nouvelle ligne prévue permet le transport d’électricité avec un courant admissible pour une valeur de 4’700 ampères, soit deux fois plus que les 2’330 ampères prévus dans le projet initial accepté par l’OFEN le 30 juin 2010. Or, les ampères ont une influence directe sur les champs magnétiques pointés du doigt par les opposants pour leurs conséquences sur la santé. Plusieurs études ont en effet démontré que les champs magnétiques des lignes à très haute tension augmentaient les risques de leucémie et de cancer du cerveau et que ces risques étaient encore plus accrus chez les enfants. Quand on sait que la ligne prévue passe à 100 mètres de l’école de Grône, il nous paraît primordial de ne pas sous-estimer ces conséquences et de considérer que la santé des habitants, et en particulier celle des enfants doit primer sur tout autre argument d’ordre économique ou énergétique.

Pour ces raisons, nous soutenons le combat légitime des mamans de Grône et demandons premièrement à ce que ce projet fasse l’objet d’une mise à l’enquête publique, comme cela aurait dû être le cas voilà deux ans déjà. Deuxièmement, aucun risque ne doit être pris vis-à-vis de la santé des habitants, c’est pourquoi nous demandons au Conseil d’Etat, de concert avec les présidents des communes concernées, de mandater des experts pour étudier la dangerosité du projet actuel. Cette étude doit se faire aux frais du constructeur.

Par ailleurs, nous savons que les possibilités techniques d’enfouissement de la ligne existent. L’enterrement de cette ligne permettrait de limiter très fortement la diffusion spatiale du champ magnétique, d’éviter une dégradation importante du paysage (des pylônes tenseurs de 100 mètres de haut et d’une surface au sol de 100 m2, soit l’implantation d’une villa !) et finalement de réduire sensiblement la perte d’énergie pendant le transport. Le PDCVr estime ainsi que la solution de l’enfouissement doit sérieusement être prise en considération et appelle Swissgrid ainsi que les autorités fédérales concernées à étudier consciencieusement cette possibilité.

Si les risques sur la santé n’ont pu être prouvés et si l’enfouissement ne peut être entrepris pour des raisons techniques ou financières, alors nous demandons à ce que tout soit mis en œuvre pour que la ligne puisse être enterrée dans le cadre du projet Rhône 3. Ainsi, la ligne aérienne ne serait plus prévue pour une durée de 80 ans, mais serait temporaire et retirée après 25 ans. Les études et travaux de préparation qui permettraient de concilier ces deux projets devraient également être financés par le constructeur.