09.05.2016 / Articles / Tourisme /

« Dire non à ce projet aujourd’hui, c’est donner un mauvais signal politique à un secteur qui en a tout sauf besoin »

Je tiens à préciser en préambule qu’à l’instar du Conseil d’Etat nous plaçons le débat au niveau du signal politique donné à un acteur-clé de l’économie de notre Canton. Cette demande de report de réalisation d’une motion acceptée par le Grand Conseil est un signal politique fort, quelles qu’en soient les raisons.

 

Sion - 26 mars 2013 - Députés du Grand Conseil Valaisan, législature 2013-2017 - Joachim Rausis, PDCB . Photo Sabine Papilloud / Le NouvellisteJe ne vais pas ergoter sur les problèmes économiques et structurels rencontrés par la branche. Ils sont connus et la faîtière des Remontées Mécaniques le répète à l’envi, peut-être même parfois trop, au détriment de l’image de nos infrastructures auprès des touristes et investisseurs mais c’est un autre débat.

La branche doit se restructurer donc et il semble inévitable que les pouvoirs publics l’aident à y parvenir. Les moyens financiers devront faire l’objet d’une analyse ultérieure. Reconnaissons la justesse de l’argument du Conseil d’Etat qui estime que le processus ETS2 peut amener de nouvelles ressources au Canton. Nous adhérons à cette analyse, bien entendu, mais inversons la temporalité de la manœuvre. Dans ce cas, d’abord on fixe l’objectif politique, le soutien aux remontées mécaniques, et ensuite, on décidera d’une stratégie financière à même d’y amener les montants nécessaires.

A ce stade, notre groupe estime qu’il existe deux types de remontées mécaniques dans ce Canton : celles qui n’ont pas besoin d’aide car elle génère une activité économique suffisamment importante pour subvenir à leurs propres besoins et c’est tant mieux ;

et les autres, toutes les autres, sans limite de chiffres d’affaires, mais avec la preuve d’une structure efficiente, réfléchie en collaboration avec les autorités locales et bénéficiant de leur soutien. Il n’est pas juste à notre sens d’exclure à priori certaines sociétés d’aides cantonales pour de purs motifs financiers. Soyons clairs : certaines remontées mécaniques de ce Canton ne généreront jamais deux millions de chiffre d’affaire annuels. Faut-il les pénaliser pour autant ? Elles sont situées dans des régions qui ont peut-être fait le choix d’un développement touristique plus doux en accord avec la stratégie des autorités locales. A nos yeux, ces situations doivent encore être étudiées dans le futur projet de loi que nous espérons pouvoir traiter au plus vite.

Si répondre au souhait des motionnaires consistant à soutenir les remontées mécaniques (je cite) « par des moyens financiers de manière rapide, non bureaucratique et efficace » veut dire placer un plancher à deux millions pour exclure d’entrée de jeu une série de sociétés de la manne cantonale et accélérer le processus pour les autres, alors nous ne pouvons accepter cette démarche.

Cette remarque sur le plancher actuellement fixé dans la loi vaut aussi pour les pourcentages et montants en jeu qui à notre sens ne sont non plus pas gravés dans le marbre de la procédure de consultation, et peuvent être revus à la hausse ou à la baisse selon l’équilibre final à trouver.

Je parlais en introduction de signal politique fort. Ce Grand Conseil et le Gouvernement avec lui en a déjà donné un en créant le fonds cantonal sur le tourisme. Tâchons maintenant de poursuivre la démarche en incluant les remontées mécaniques dans ce pot commun du tourisme.

En conclusion, dire non à ce projet de loi aujourd’hui, aurait donné un mauvais signal politique à un secteur qui en a tout sauf besoin. Le groupe PDCB, tout comme une grande majorité des parlementaires, a donc refusé la demande de délai pour la réalisation de la motion sollicitée par le Conseil d’Etat.

Sion, le 9 mai 2016

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