25.05.2016 / Articles, Votations / Mobilité /

Vache à Lait, une initiative populaire qui ne tient pas la route

Le financement des infrastructures de transport est l’un des défis les plus importants pour le futur de notre pays. Il en va de la compétitivité de notre économie et de la qualité de vie de nos enfants.

Il s’agit toutefois de maintenir un équilibre entre financement de la mobilité et financement des autres tâches de l’Etat ainsi qu’au sein de la mobilité ferroviaire et routière, qui sont complémentaires plutôt que concurrentes.

Les tenants de cette initiative alléchante au premier abord veulent nous faire croire deux choses : d’une part que les automobilistes paient chaque année davantage, et d’autre part que la route est prétéritée dans la répartition de cette manne financière.

Ces deux arguments sont fallacieux. Même si le prix de l’essence a augmenté ces dernières années, ça n’est en aucun cas en raison de l’impôt sur les huiles minérales, celui-ci n’ayant pas évolué depuis de nombreuses années. Ainsi, si l’on tient compte du renchérissement, la charge de l’impôt a fortement diminué ces 45 dernières années. En outre, la consommation des automobiles a également fortement diminué : un trajet de 100 km en voiture coûte aujourd’hui environ 5,80 francs, contre 14 francs en 1990. Parler de vache à lait en faisant référence aux automobilistes est donc définitivement faux !

Transports publics contre mobilité individuelle… Certains, de part et d’autre, tiennent encore à ce combat d’arrière-garde. Afin d’assurer la mobilité en Suisse, une mobilité adaptée à chacun, il s’agit de développer conjointement les réseaux routiers et ferroviaires et de résoudre également les problématiques liées à ces deux modes de déplacement. La grande majorité de la population utilise d’ailleurs au quotidien plusieurs moyens de transport différents,

En ce qui concerne  la route, il s’agit d’assurer l’entretien du réseau et de résorber les goulets d’étranglement. Quand nos routes ne ressemblent pas à des pistes de brousse, elles attirent une circulation dense de plus difficile à gérer, ce qui est inacceptable. Toutefois pour inverser cette tendance, des moyens conséquents doivent être et seront débloqués, tant du côté de la Confédération que des cantons, sans toutefois pénaliser le fonctionnement de l’Etat.

La route a besoin d’argent, c’est vrai, mais pas au détriment des autres tâches de l’Etat. Dire oui à l’initiative Vache à Lait, c’est simplement déplacer les problèmes plutôt que les résoudre. Le Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA), déjà accepté par le Conseil des Etats et qui sera bientôt soumis au Peuple, répond à ce double impératif. Il permettra de donner les moyens nécessaires à la route sans en priver les autres domaines. Une acceptation de l’initiative Vache à Lait serait néfaste au FORTA et finalement à l’avenir de la mobilité en Suisse.

Au final, si cette initiative devait être acceptée, les autres tâches de l’Etat seraient prétéritées. La formation et la recherche perdraient 400 millions par ans, les transports publics 150 millions et l’agriculture 200 millions. Sans compter les répercussions que cela aurait sur les finances des cantons. Il est également bon de rappeler que, contrairement à ce que laissent parfois supposer les fanatiques de la route, le Peuple s’est exprimé favorablement pour chacune de ces différentes attributions.

Pour assurer l’avenir de la mobilité en Suisse tout en maintenant l’équilibre financier, mettons dans l’urne un grand NON à un favoritisme insensé de la route.